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Or et matières premières : où en sommes-nous en 2025 ? 💰

L'or dépasse les 2 500 $/oz et les matières premières reprennent du galon. Ce que ça change concrètement pour votre épargne.

Maxime Gfeller

Analyse automatisée par l'IA byzance

À retenir

  • L'or a franchi les 2 500 $/oz en 2025, porté par les achats massifs des banques centrales et les tensions géopolitiques
  • Les matières premières offrent une diversification réelle dans un contexte d'inflation persistante
  • Le cuivre est le métal clé de la transition énergétique — une opportunité structurelle souvent ignorée
  • Les ETF adossés à de l'or physique restent la voie la plus simple et la plus propre pour s'exposer
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L'or : valeur refuge ou actif spéculatif ? 💰

L'or n'a jamais vraiment quitté les radars des investisseurs, mais 2025 lui a redonné un rôle central. À plus de 2 500 dollars l'once cet été, le métal jaune a battu des records historiques que peu d'analystes anticipaient avec une telle rapidité.

Pourquoi cette flambée ? Trois facteurs s'enchaînent comme des dominos.

1. Les banques centrales achètent massivement. La Chine, la Turquie, la Pologne et d'autres pays émergents ont renforcé leurs réserves d'or depuis 2022 pour réduire leur dépendance au dollar. En 2024, les banques centrales mondiales ont acheté plus de 1 000 tonnes d'or — un niveau record pour la troisième année consécutive.

2. Les tensions géopolitiques ne faiblissent pas. Les frappes américaines en Iran, les tensions commerciales persistantes et l'instabilité au Moyen-Orient alimentent une prime de risque qui bénéficie directement à l'or. Comme le souligne Amundi Research dans sa stratégie cross-asset récente, l'intégration du risque géopolitique dans les allocations de portefeuille est devenue un impératif, plus une option.

3. La désinflation est lente. Même si l'inflation a baissé par rapport à ses pics de 2022-2023, elle reste au-dessus des cibles des banques centrales dans de nombreux pays. Or et inflation entretiennent une relation historique solide : le métal jaune préserve le pouvoir d'achat là où les liquidités s'érodent.

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📊 Le marché des matières premières : bien plus que l'or

L'or capte l'attention médiatique, mais les matières premières forment un univers bien plus large — et tout aussi stratégique pour votre épargne.

Le cuivre, métal de la transition énergétique ⚡

Le cuivre est peut-être la matière première la plus stratégique du XXIe siècle. Chaque voiture électrique nécessite 4 fois plus de cuivre qu'un véhicule thermique. Les infrastructures de réseau électrique, les panneaux solaires, les éoliennes — tout ça consomme du cuivre en quantités massives.

Pourtant, l'offre peine à suivre. Les grands gisements au Chili, au Pérou et en RDC font face à des défis environnementaux et logistiques qui ralentissent l'extraction. Goldman Sachs a qualifié le cuivre de "nouveau pétrole" — une formule un peu marketing, mais qui capture bien l'enjeu.

Pour un épargnant français, s'exposer au cuivre via un ETF peut être un pari structurel sur la décarbonation mondiale, pas juste un trade tactique.

Le pétrole et le gaz : volatilité garantie 📉

Le pétrole reste la matière première la plus volatile et la plus politiquement sensible. Les décisions de l'OPEP+, les tensions en Iran et en Russie, et la pression croissante des énergies renouvelables créent un environnement particulièrement difficile à anticiper.

Ce que j'observe pour 2025 : les producteurs de pétrole font face à un paradoxe stratégique. À court terme, les prix élevés génèrent des profits records. À moyen terme, ils accélèrent le basculement vers les énergies propres. Les majors européennes comme TotalEnergies investissent massivement dans le renouvelable en parallèle — et c'est précisément ce type d'entreprise qui m'intéresse davantage que l'exposition directe au baril.

Les matières premières agricoles : l'enjeu silencieux 🌾

Blé, maïs, soja, café — ces marchés restent largement ignorés des épargnants français alors qu'ils offrent des propriétés de diversification intéressantes.

Le lien entre instabilité climatique, conflits géopolitiques et prix alimentaires mondiaux est désormais bien documenté. La guerre en Ukraine a rappelé brutalement l'importance stratégique du blé ukrainien sur les marchés mondiaux.

Attention toutefois : ces marchés sont complexes, avec des risques de roll (renouvellement des contrats à terme) qui peuvent éroder les rendements même quand les prix montent. À réserver aux investisseurs avertis.

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💼 Or vs Crypto : deux refuges qui s'ignorent

Une question revient souvent : faut-il choisir entre l'or et le Bitcoin comme protection contre l'inflation ou la dévaluation monétaire ?

Ma réponse est claire : ce sont deux actifs fondamentalement différents, qui n'occupent pas le même rôle.

  • L'or est un actif de 5 000 ans d'histoire, soutenu par une demande physique (joaillerie, industrie, banques centrales) et une volatilité structurellement faible comparée aux cryptos. Sa corrélation avec les actions et les obligations reste basse sur le long terme.
  • Le Bitcoin est un actif numérique de 15 ans, sans demande industrielle, dont la valeur repose entièrement sur la confiance et l'adoption. Sa volatilité est 4 à 5 fois supérieure à celle de l'or.
Dans un portefeuille d'épargnant prudent à modéré, l'or a clairement sa place (3-7% d'allocation). Le Bitcoin, si vous y croyez, peut représenter 1-3% dans une logique de diversification "haut risque / haut potentiel" — mais certainement pas comme substitut à l'or.

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🏦 Comment investir concrètement ?

Le marché français offre plusieurs voies d'accès aux matières premières, avec des coûts et des niveaux de complexité très variables.

Les ETF (trackers) — l'option la plus accessible

Pour l'or spécifiquement :

  • iShares Physical Gold (IGLN) et Invesco Physical Gold (SGLD) sont adossés à de l'or physique détenu dans des coffres sécurisés. C'est la façon la plus propre d'investir.
  • Ces ETF sont disponibles dans un compte-titres ordinaire. Attention : ils ne sont pas éligibles au PEA classique.
Pour les matières premières en général :
  • Les trackers sur le Bloomberg Commodity Index offrent une exposition diversifiée (or, pétrole, cuivre, agricoles) en un seul produit.
  • Pratique pour une allocation satellite sans avoir à gérer plusieurs lignes.

L'or physique — pour les plus conservateurs 🪙

Pièces Napoléon, lingots, pièces d'investissement (Krugerrand, Maple Leaf, Philharmonique de Vienne) — l'or physique rassure certains investisseurs malgré ses contraintes (stockage, assurance, liquidité réduite).

Avantage fiscal notable en France : les plus-values sur l'or physique bénéficient d'un abattement de 5% par an après 2 ans de détention, avec exonération totale après 22 ans. Pas négligeable dans une logique patrimoniale long terme.

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⚠️ Les risques à ne pas ignorer

Trois risques sont souvent sous-estimés par les investisseurs particuliers.

Le risque de liquidité en période de crise. En cas de crise extrême (comme en mars 2020), même l'or se vend. Les investisseurs soldent tout pour reconstituer des liquidités. L'or n'est pas une assurance absolue — c'est une protection structurelle, pas un bouclier magique.

Le risque de change. L'or est coté en dollars. Si l'euro se renforce face au dollar, un Européen peut perdre de l'argent même si le prix de l'or monte en valeur absolue. Les ETF couverts contre le risque de change (EUR Hedged) existent, mais ont un coût annuel supplémentaire.

Le contango sur les produits dérivés. Si vous investissez via des ETF non adossés à de l'or physique (contrats à terme), le renouvellement des contrats peut générer des pertes structurelles sur le long terme. Vérifiez toujours si un ETF matières premières est "physically backed" ou basé sur des futures.

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🔮 Mon analyse pour les prochains mois

Dans un contexte de marchés en montagnes russes — pour reprendre la formule récente d'Amundi Research — les matières premières jouent un rôle stabilisateur pour un portefeuille bien construit.

Je reste positivement orienté sur l'or tant que l'incertitude géopolitique reste élevée, que les banques centrales continuent leurs achats et que les taux réels demeurent proches de zéro ou négatifs.

Sur le cuivre, j'ai un biais haussier structurel lié à la transition énergétique — mais la cyclicité de l'économie chinoise, premier consommateur mondial, peut créer des corrections importantes à court terme.

Sur le pétrole, je reste neutre à légèrement négatif sur le long terme pour des raisons structurelles, même si les soubresauts géopolitiques génèrent régulièrement des opportunités tactiques.

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3 actions concrètes pour passer à l'action 📈

1. Allouer 3 à 5% de son portefeuille à l'or via un ETF physique. C'est la fourchette recommandée par la majorité des gestionnaires patrimoniaux. Suffisant pour que la protection joue son rôle, sans déséquilibrer votre allocation globale.

2. Intégrer un ETF matières premières diversifié dans la poche "diversification". Un tracker Bloomberg Commodity vous donne une exposition équilibrée sans avoir à choisir entre le pétrole, le cuivre et l'or. Visez 2 à 4% du portefeuille en fonction de votre profil.

3. Vérifier la couverture change de vos ETF avant d'acheter. Comparez la version EUR Hedged et la version non couverte. En période de dollar fort, la version non couverte performe mieux — et inversement. Ce détail technique peut faire une différence de plusieurs points de performance sur un an.

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