🥇 Or à 2 500 $ : faut-il encore miser sur les matières premières en 2025 ?
L'or enchaîne les records, les banques centrales achètent massivement. Décryptage des opportunités et risques pour votre épargne.
Maxime Gfeller
Analyse automatisée par l'IA byzance
À retenir
- L'or a franchi les 2 400 $/oz en 2025, porté par les achats massifs des banques centrales (1 037 tonnes en 2023, rythme similaire en 2024-2025) et les tensions géopolitiques persistantes
- Les matières premières ne se résument pas à l'or : le cuivre (+15 % depuis janvier) profite de la transition énergétique, tandis que le pétrole reste sous pression
- L'épargnant français dispose de véhicules accessibles — ETC, OPCVM spécialisés, ou unités de compte en assurance-vie — pour s'exposer intelligemment
- Attention au timing : après une hausse de +60 % en deux ans, l'or n'est plus "bon marché". La diversification reste le maître-mot
Pourquoi l'or affole les compteurs 📈
Si vous avez jeté un œil aux marchés ces derniers mois, un chiffre a dû vous sauter aux yeux : l'once d'or flirte avec les 2 500 dollars, un niveau impensable il y a encore trois ans. Pour mettre les choses en perspective, l'or valait 1 800 $ début 2023. C'est une progression de près de 40 % en trente mois.
Mais derrière ce chiffre spectaculaire, il y a des forces structurelles qu'il faut comprendre pour savoir si le mouvement peut durer.
Les banques centrales, nouveaux acheteurs compulsifs
Le premier moteur, et probablement le plus puissant, ce sont les banques centrales des pays émergents. Depuis le gel des réserves russes en 2022, un signal a été envoyé : les actifs libellés en dollars peuvent être confisqués. Résultat ? La Chine, l'Inde, la Turquie, la Pologne et des dizaines d'autres pays accumulent de l'or physique à un rythme jamais vu.
Selon le World Gold Council :
- 2022 : 1 136 tonnes achetées par les banques centrales (record historique)
- 2023 : 1 037 tonnes (deuxième plus haut niveau)
- 2024 : estimation autour de 950-1 000 tonnes
- 2025 (S1) : le rythme ne faiblit pas, avec la Chine et l'Inde en tête
Le cocktail géopolitique parfait 🌍
Amundi Research vient de publier une étude fascinante sur l'intégration du risque géopolitique dans la construction de portefeuilles. Leur constat : les modèles classiques sous-estiment systématiquement l'impact des crises géopolitiques sur les actifs traditionnels.
Et des crises, nous n'en manquons pas en 2025 :
- Le conflit russo-ukrainien qui s'enlise dans sa quatrième année
- Les tensions au Moyen-Orient, avec des implications directes sur les routes commerciales
- La rivalité sino-américaine qui se durcit sur le front technologique et commercial
Et l'inflation dans tout ça ? 💹
Contrairement à une idée reçue, l'or n'est pas un excellent rempart contre l'inflation à court terme. Sur 12 mois, la corrélation est faible. En revanche, sur 10-20 ans, l'or préserve remarquablement le pouvoir d'achat.
Avec une inflation en zone euro qui reste collante autour de 2,3 % mi-2025 et des taux directeurs de la BCE en phase de baisse progressive (3,75 % en juillet), l'environnement reste favorable à l'or : les taux réels baissent, ce qui réduit le coût d'opportunité de détenir un actif qui ne verse pas de coupon.
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Au-delà de l'or : le cuivre, le vrai pari de la décennie ⚡
Si l'or capte toute l'attention médiatique, un autre métal mérite votre regard : le cuivre.
Pourquoi ? Parce que la transition énergétique en a un besoin dévorant :
- Un véhicule électrique contient 3 à 4 fois plus de cuivre qu'un véhicule thermique (environ 80 kg contre 20 kg)
- Une éolienne offshore nécessite jusqu'à 8 tonnes de cuivre
- Les réseaux électriques à moderniser dans le monde entier en consomment massivement
- Les data centers pour l'IA, dont la construction explose, sont également très gourmands
Pour l'investisseur patient, le cuivre représente un pari sur la mégatendance de l'électrification. Moins glamour que l'or, mais potentiellement plus rémunérateur sur la décennie.
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Pétrole et gaz : la fin d'un cycle ? 🛢️
À l'inverse, les matières premières énergétiques fossiles traversent une période plus compliquée.
Le Brent oscille autour de 75-80 $/baril mi-2025, bien loin des 120 $ de juin 2022. Plusieurs facteurs pèsent :
- La croissance chinoise reste molle, limitant la demande asiatique
- Les États-Unis produisent toujours à des niveaux records (+13,4 millions de barils/jour)
- L'OPEP+ peine à maintenir sa discipline de quotas
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L'argent métal : le petit frère sous-estimé 🪙
L'argent (silver) mérite une mention spéciale. À environ 31 $/oz, il affiche un ratio or/argent de 80, bien au-dessus de sa moyenne historique de 60. Traduction : l'argent est relativement "bon marché" par rapport à l'or.
Mais l'argent a un atout que l'or n'a pas : c'est aussi un métal industriel. Plus de 50 % de la demande d'argent provient de l'industrie, notamment :
- Les panneaux solaires (chaque panneau contient environ 20 g d'argent)
- L'électronique et les composants 5G
- Les véhicules électriques
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Comment s'exposer concrètement depuis la France 🇫🇷
Passons à la pratique. Voici les principaux véhicules accessibles à l'épargnant français :
Or physique
- Pièces et lingots : achat via des plateformes comme Or.fr, Goldbroker, ou votre banque. Avantage : pas de risque de contrepartie. Inconvénient : stockage, assurance, et fiscalité spécifique (taxe forfaitaire de 11,5 % sur le prix de vente ou plus-values réelles avec abattement de 5 % par an après 3 ans)
ETC (Exchange-Traded Commodities)
- Invesco Physical Gold ETC, iShares Physical Gold ETC, WisdomTree Physical Silver — ce sont des titres adossés à du métal physique, cotés en Bourse, achetables depuis un CTO ou parfois un PEA-PME
- Frais annuels très faibles (0,12 % à 0,25 %)
- Liquidité excellente
OPCVM et UC en assurance-vie
- Des fonds comme BGF World Mining (BlackRock) ou Amundi CPR Global Resources offrent une exposition diversifiée aux matières premières via les sociétés minières
- Accessibles en unités de compte dans la plupart des contrats d'assurance-vie, ce qui permet de bénéficier de la fiscalité avantageuse de l'enveloppe
Actions de minières
- Barrick Gold, Newmont, Agnico Eagle pour l'or
- Freeport-McMoRan, First Quantum pour le cuivre
- Ces actions offrent un effet de levier sur le prix du métal : quand l'or monte de 10 %, les minières peuvent monter de 20-30 % (mais l'inverse est vrai aussi)
Les risques à ne pas ignorer ⚠️
Soyons honnêtes : tout n'est pas rose.
- Valorisation élevée de l'or : après +60 % en deux ans, un repli de 10-15 % est non seulement possible mais sain. Si vous entrez maintenant "all-in", vous prenez un risque de timing significatif
- Pas de rendement : l'or ne verse ni dividende ni coupon. Dans un portefeuille, c'est un coût d'opportunité face aux actions ou obligations
- Volatilité des matières premières : le cuivre peut perdre 25 % en quelques mois lors d'un ralentissement économique. Ce n'est pas un actif pour les nerfs fragiles
- Risque de change : l'or et la plupart des commodités sont cotés en dollars. Si l'euro se renforce, votre performance en euros sera inférieure à celle en dollars
- Corrélation en temps de crise : lors de paniques boursières sévères (type mars 2020), même l'or peut baisser temporairement car les investisseurs vendent tout pour lever du cash
Mon analyse : quelle allocation pour un épargnant français ? 📊
Dans le contexte actuel — tensions géopolitiques durables, banques centrales acheteuses, transition énergétique accélérée — une exposition de 5 à 10 % de votre patrimoine financier aux matières premières me semble pertinente.
Ma répartition suggérée au sein de cette poche :
- 50-60 % en or (cœur de l'allocation, rôle défensif)
- 20-25 % en métaux de la transition (cuivre, argent, lithium via des fonds diversifiés)
- 15-20 % en actions minières (pour le potentiel de hausse, avec la volatilité associée)
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3 actions concrètes pour votre épargne 💼
- Vérifiez votre exposition actuelle : ouvrez votre contrat d'assurance-vie et votre CTO. Quelle est votre part en matières premières ? Si c'est 0 %, vous passez à côté d'un diversificateur puissant. Commencez par une ligne modeste (2-3 %) pour vous familiariser
- Privilégiez l'entrée progressive : n'investissez pas tout d'un coup à 2 400 $/oz. Mettez en place un versement programmé mensuel sur un ETC or ou un fonds matières premières. Vous lisserez votre prix d'entrée et dormirez mieux
- Pensez "panier" plutôt que "tout sur l'or" : un fonds diversifié matières premières ou un mix ETC or + ETC argent + fonds minières vous donnera un profil rendement/risque plus équilibré qu'une exposition concentrée sur un seul métal
Maxime Gfeller — Directeur général, Byzance AI
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