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📉 Volatilité des marchés : ce qu'il faut savoir en 2025

Les marchés jouent aux montagnes russes. Décryptage des mécanismes de la volatilité et des stratégies concrètes pour protéger votre épargne.

Maxime Gfeller

Analyse automatisée par l'IA byzance

À retenir

  • La volatilité n'est pas votre ennemie : c'est un indicateur de l'incertitude des marchés, pas nécessairement de leur direction. Un marché volatile peut monter comme descendre.
  • Le VIX a dépassé les 30 points à plusieurs reprises depuis début 2025, un seuil qui traduit une nervosité élevée des investisseurs, alimentée par les tensions commerciales et géopolitiques.
  • Les investisseurs particuliers qui paniquent en période de forte volatilité perdent en moyenne 2 à 4 % de rendement annuel par rapport à ceux qui maintiennent leur cap (étude Dalbar 2024).
  • Des stratégies simples existent pour transformer la volatilité en alliée : investissement progressif, diversification géographique et rééquilibrage discipliné.
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🎢 Les marchés sur des montagnes russes : que se passe-t-il ?

Depuis le début de l'année 2025, les marchés financiers nous offrent un spectacle digne d'un parc d'attractions. Le CAC 40 a connu des séances de hausse de +2 % suivies de baisses de -3 % en l'espace de quelques jours. Le S&P 500 n'est pas en reste, avec une volatilité réalisée sur 30 jours qui dépasse régulièrement les 20 %, bien au-dessus de sa moyenne historique de 15 %.

Amundi, le plus grand gestionnaire d'actifs européen, titrait récemment une de ses publications de recherche "Markets on a roller coaster" — les marchés sur des montagnes russes. Ce n'est pas un titre sensationnaliste : c'est un constat factuel.

Les raisons de cette nervosité sont multiples :

  • Les tensions commerciales : les droits de douane imposés par l'administration Trump sur les importations chinoises et européennes créent une incertitude permanente sur les chaînes d'approvisionnement mondiales
  • Le risque géopolitique : conflits en cours, tensions au Moyen-Orient, repositionnement des alliances internationales
  • Les politiques monétaires : la Fed et la BCE naviguent entre lutte contre l'inflation résiduelle et soutien à la croissance
  • La spéculation technologique : les valorisations des entreprises liées à l'IA oscillent entre euphorie et correction

📊 La volatilité, c'est quoi exactement ?

Avant d'aller plus loin, posons les bases. La volatilité mesure l'amplitude des variations d'un actif financier sur une période donnée. Pensez-y comme le pouls du marché : quand il bat vite, c'est que quelque chose agite les investisseurs.

Il existe deux types de volatilité qu'il faut distinguer :

La volatilité historique

C'est ce qui s'est réellement passé. On prend les rendements quotidiens d'un actif sur 20 ou 30 jours, et on calcule leur écart-type. Un CAC 40 avec une volatilité historique de 25 % signifie qu'en rythme annualisé, l'indice s'écarte en moyenne de 25 % autour de sa tendance. Concrètement, sur une journée type, attendez-vous à des mouvements de ±1,5 %.

La volatilité implicite (le VIX)

C'est ce que les marchés anticipent. Le VIX, souvent surnommé "l'indice de la peur", est calculé à partir du prix des options sur le S&P 500. Quand les investisseurs sont nerveux, ils achètent davantage de protections (options put), ce qui fait monter le VIX.

Quelques repères pour interpréter le VIX :

  • < 15 : marché calme, quasi somnolent
  • 15-20 : nervosité normale
  • 20-30 : tensions significatives — c'est là que nous sommes souvent en 2025
  • > 30 : stress élevé — pic atteint en mars et en mai 2025
  • > 40 : panique (niveaux vus pendant le Covid en mars 2020)

🌍 Géopolitique et volatilité : un lien de plus en plus fort

Une tendance de fond se dessine depuis quelques années : la géopolitique est devenue le premier moteur de volatilité, devant les données économiques classiques.

Amundi Research a publié récemment une étude fascinante intitulée "Integrating Geopolitical Risk Into Low Volatility Factor Construction". Leur constat est clair : les modèles traditionnels de gestion du risque, basés uniquement sur les données financières, ne suffisent plus.

Concrètement, qu'est-ce que ça signifie pour vous ?

  • Un tweet ou une déclaration politique peut faire bouger les marchés de 2-3 % en quelques heures
  • Les corrélations entre classes d'actifs deviennent instables : actions et obligations peuvent baisser simultanément, ce qui rend la diversification classique moins efficace
  • Les secteurs exposés au commerce international (luxe, automobile, semi-conducteurs) sont devenus beaucoup plus volatils que les secteurs domestiques (utilities, télécoms)

L'exemple concret des droits de douane

Prenons un exemple parlant. Début 2025, l'annonce de nouveaux tarifs de 25 % sur les importations européennes a provoqué une chute de 4,2 % du Stoxx Europe 600 en deux séances. Puis, lorsque des négociations ont été évoquées, l'indice a repris 3,1 % en une seule journée.

Ce type de mouvement en "yo-yo" est typique d'un marché dominé par le risque géopolitique. Le fondamental des entreprises n'a pas changé entre les deux séances — seule la perception du risque a bougé.

💰 Pourquoi la volatilité coûte cher aux épargnants

Voici le paradoxe : la volatilité en elle-même ne détruit pas de valeur. Ce qui détruit de la valeur, c'est la réaction émotionnelle qu'elle provoque.

L'étude annuelle de Dalbar (QAIB 2024) montre que l'investisseur particulier moyen aux États-Unis a obtenu un rendement annualisé de 5,5 % sur 20 ans, contre 9,6 % pour le S&P 500 sur la même période. Cet écart de 4,1 points par an s'explique presque entièrement par le market timing : vendre quand ça baisse (par peur), racheter quand ça remonte (par avidité).

En France, le phénomène est identique. Les données de l'AMF montrent que les épargnants qui détiennent des fonds en unités de compte dans leur assurance-vie effectuent en moyenne 2,3 arbitrages par an — et ces arbitrages leur coûtent en performance dans la majorité des cas.

Le biais psychologique en jeu

Notre cerveau est câblé pour la survie, pas pour l'investissement. Le psychologue Daniel Kahneman a démontré que la douleur d'une perte est ressentie 2,5 fois plus intensément que le plaisir d'un gain équivalent. Quand votre PEA affiche -8 % en une semaine, votre cerveau reptilien hurle "VENDS !" — même si rationnellement, vous savez que les marchés ont toujours fini par remonter sur le long terme.

📈 Comment transformer la volatilité en opportunité

1. L'investissement progressif (DCA)

Le Dollar Cost Averaging (ou investissement programmé) est votre meilleure arme contre la volatilité. Le principe : investir un montant fixe à intervalles réguliers, quelles que soient les conditions de marché.

Pourquoi ça marche ? Parce que quand les marchés baissent, votre versement mensuel achète plus de parts. Quand ils montent, vous en achetez moins. Sur la durée, votre prix d'achat moyen est lissé.

Exemple concret : un épargnant qui investit 300 € par mois sur un ETF CAC 40 depuis janvier 2020 — en traversant le krach Covid, la reprise, les crises de 2022 et la volatilité actuelle — affiche aujourd'hui un rendement annualisé d'environ 8,5 %. Celui qui a tenté de timer le marché a statistiquement fait moins bien.

2. La diversification intelligente

La diversification classique (actions + obligations) montre ses limites dans un monde de corrélations instables. Il faut aller plus loin :

  • Diversification géographique : ne pas tout miser sur l'Europe ou les États-Unis. Les marchés émergents (Inde, Asie du Sud-Est) ont des cycles partiellement décorrélés
  • Diversification sectorielle : les secteurs défensifs (santé, consommation de base) amortissent les chocs
  • Diversification temporelle : échelonner ses investissements dans le temps via le DCA
  • Actifs réels : une poche d'immobilier (SCPI) ou d'infrastructure apporte de la stabilité
Amundi souligne d'ailleurs dans son étude sur les 10 thèmes pour les actifs privés en 2026 que la dette privée et l'infrastructure offrent des profils de rendement/risque particulièrement attractifs dans un environnement volatile.

3. Les stratégies "low volatility"

Il existe des fonds et ETF qui ciblent spécifiquement les actions à faible volatilité. Le principe est contre-intuitif mais démontré : les actions les moins volatiles tendent à surperformer les plus volatiles sur le long terme (c'est l'anomalie de volatilité, documentée par Baker, Bradley et Wurgler en 2011).

Des ETF comme l'iShares Edge MSCI World Minimum Volatility ou l'Amundi MSCI Europe Minimum Volatility permettent d'implémenter cette approche simplement, y compris dans un PEA pour les versions européennes.

🛡️ Ce que la volatilité actuelle signifie pour votre assurance-vie

Si vous avez une assurance-vie multisupport — et c'est le cas de 38 millions de Français — voici ce qu'il faut retenir :

  • Le fonds euros reste un refuge pour la poche sécuritaire, avec des rendements autour de 3,5-4 % en 2024. Mais il ne doit pas représenter 100 % de votre allocation si vous avez un horizon long
  • Les unités de compte sont volatiles par nature — c'est le prix à payer pour un rendement potentiellement supérieur
  • La gestion pilotée peut être pertinente si vous ne souhaitez pas gérer vous-même les arbitrages en période de stress
Le piège classique : basculer 100 % de ses UC vers le fonds euros après une baisse de 10 %. Vous cristallisez vos pertes et vous ratez le rebond.

💼 Que faire concrètement ? 3 actions pour les prochaines semaines

1. Faites un diagnostic de votre exposition au risque 🔍

Ouvrez vos relevés (PEA, assurance-vie, CTO) et calculez votre allocation réelle : quelle part en actions, en obligations, en monétaire ? Est-ce cohérent avec votre horizon d'investissement et votre tolérance au risque ? Si vous dormez mal quand les marchés perdent 5 %, vous avez probablement trop de risque.

2. Mettez en place un investissement programmé 📅

Si ce n'est pas déjà fait, automatisez un versement mensuel sur vos supports d'investissement. Même 100 € par mois sur un ETF diversifié, c'est un premier pas. L'important est la régularité, pas le montant. La plupart des courtiers en ligne (Boursorama, Fortuneo, Linxea) proposent des versements programmés sans frais.

3. Définissez vos règles de rééquilibrage à l'avance ⚖️

Décidez maintenant — quand les marchés sont calmes — de votre règle de rééquilibrage. Par exemple : "Si ma part actions dépasse 70 % ou descend sous 50 % de mon portefeuille, je rééquilibre." Écrire cette règle noir sur blanc vous évitera de prendre des décisions émotionnelles quand la tempête sera là.

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La volatilité fait partie intégrante de l'investissement. Plutôt que de la craindre, apprenez à l'utiliser comme un outil de construction de patrimoine sur le long terme. Les marchés récompensent la patience et la discipline — pas l'agitation.

Maxime Gfeller — Directeur général, Byzance

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