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Marchés émergents en 2025 : le pari à ne pas ignorer 🌍

Les émergents pèsent 40% du PIB mondial mais sont bradés en Bourse. Décryptage des risques et opportunités pour votre épargne.

Maxime Gfeller

Analyse automatisée par l'IA byzance

À retenir

  • Les marchés émergents représentent 40% du PIB mondial mais seulement 12% des indices boursiers — un décalage qui crée des opportunités
  • Les valorisations sont historiquement basses : le MSCI Emerging Markets se négocie avec une décote de 40% par rapport au S&P 500
  • Les risques géopolitiques (tarifs douaniers US, tensions Chine-Taïwan) restent le principal frein, mais ils peuvent être gérés avec une bonne diversification
  • Pour un épargnant français, 5 à 15% du portefeuille en émergents via ETF ou UC peut améliorer le couple rendement/risque à long terme
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Pourquoi s'intéresser aux émergents en 2025 ?

Si vous avez suivi les marchés ces dernières années, vous avez probablement vu les gros titres sur la tech américaine, l'IA et les "Magnificent Seven". Pendant ce temps, une grande partie du monde a été délaissée par les investisseurs.

Et c'est peut-être là que se cache la prochaine bonne affaire.

Les marchés émergents — Chine, Inde, Brésil, Mexique, Vietnam, Indonésie et dizaines d'autres pays — représentent environ 40% du PIB mondial et 85% de la population de la planète. Pourtant, ils ne pèsent que 12% de la capitalisation boursière mondiale.

Ce décalage entre poids économique réel et poids boursier est, en soi, un signal qu'on aurait tort d'ignorer.

📊 Des valorisations qui donnent le vertige (dans le bon sens)

Parlons chiffres. En mai 2025, le MSCI Emerging Markets affiche un ratio cours/bénéfices (PER) d'environ 12x, contre 21x pour le S&P 500 et 15x pour l'Euro Stoxx 600.

Autrement dit, pour chaque euro de bénéfice généré, vous payez presque deux fois moins cher en émergents qu'aux États-Unis.

Cette décote n'est pas nouvelle, mais elle s'est creusée ces dernières années à cause de :

  • La sous-performance de la Chine post-Covid (reprise réglementaire sur la tech, crise immobilière)
  • La force du dollar américain qui pénalise les devises émergentes
  • Les tensions géopolitiques qui font fuir les capitaux vers les valeurs refuges
Mais rappelons-nous l'histoire : acheter quand personne n'en veut a souvent été la meilleure stratégie. Les émergents connaissent des cycles de sous-performance suivis de rebonds spectaculaires. Entre 2003 et 2007, le MSCI Emerging Markets avait gagné +300%. Ceux qui étaient entrés au creux de la vague en 2002 ont fait l'affaire de leur vie.

🌏 Les locomotives de la croissance

L'Inde, la star incontestée 🇮🇳

L'Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde et affiche une croissance du PIB de 6,5% en 2025 selon le FMI. Son atout majeur ? Une démographie jeune — âge médian de 28 ans, contre 38 en Chine et 47 au Japon — et une classe moyenne en pleine expansion qui devrait atteindre 580 millions de personnes d'ici 2030.

Le gouvernement Modi poursuit ses réformes structurelles : digitalisation massive (1,4 milliard de comptes Aadhaar), développement des infrastructures à marche forcée et politique industrielle agressive pour capter les délocalisations venues de Chine via le programme "Make in India".

Le Sensex (indice boursier indien) a plus que doublé en 5 ans. Certes, les valorisations indiennes sont devenues élevées (PER ~22x), mais la croissance des bénéfices — autour de 15% par an — les justifie pour l'instant. C'est un marché cher, mais pour de bonnes raisons.

La Chine, le géant qui cherche son second souffle 🇨🇳

La Chine reste un cas complexe. Après deux ans de purge (immobilier avec la crise Evergrande, crackdown tech, confiance des consommateurs en berne), Pékin a multiplié les plans de relance en 2024-2025 :

  • Baisse des taux directeurs de la PBoC
  • Soutien massif au marché immobilier (assouplissement des restrictions d'achat)
  • Plan de 1 000 milliards de yuans pour les gouvernements locaux surendettés
  • Relance de la consommation via des chèques et subventions ciblées
Le Hang Seng a rebondi de +25% depuis ses plus bas de janvier 2024, porté par les valeurs tech (Alibaba, Tencent, BYD). Mais les tarifs douaniers américains imposés par l'administration Trump — jusqu'à 60% sur certains produits — restent un frein majeur.

Comme le souligne Amundi dans son dernier "Cross Asset Investment Strategy", la guerre commerciale sino-américaine est désormais un facteur structurel, pas un simple épisode conjoncturel. Il faut l'intégrer dans toute allocation émergente.

Les outsiders : Vietnam, Mexique, Indonésie 📈

Le nearshoring — le rapatriement des chaînes de production près des marchés finaux — profite énormément à certains pays qui se positionnent comme alternatives à la Chine :

  • Le Vietnam attire les usines qui quittent la Chine : Samsung y produit désormais la moitié de ses smartphones, Apple y assemble des AirPods
  • Le Mexique bénéficie de sa proximité avec les États-Unis et de l'accord USMCA. Ses exportations ont dépassé celles de la Chine vers les US pour la première fois en 2023
  • L'Indonésie mise sur ses ressources en nickel (essentielles pour les batteries) et sa transition énergétique
Ces trois pays affichent des croissances du PIB supérieures à 5% et des marchés boursiers encore peu explorés par les investisseurs européens. C'est là que se trouvent les futures bonnes surprises.

⚠️ Les risques : ne soyons pas naïfs

Investir dans les émergents, ce n'est pas un long fleuve tranquille. Voici les principaux dangers à garder en tête.

1. Le risque géopolitique

C'est LE sujet de 2025. Amundi Research vient de publier une étude passionnante sur l'intégration du risque géopolitique dans la construction de portefeuilles factoriels. Leur conclusion : ignorer ce risque coûte cher, mais il est possible de le gérer via des approches "low volatility" combinées à des filtres géopolitiques.

Concrètement : tensions Chine-Taïwan, sanctions sur la Russie, instabilité au Moyen-Orient... tout cela crée de la volatilité supplémentaire. Un tweet de la Maison Blanche peut faire chuter un indice de 3% en une journée. Ce n'est pas pour les cœurs fragiles.

2. Le risque de change 💱

Quand vous investissez dans un fonds émergent libellé en euros, vous êtes exposé aux devises locales. Si le real brésilien ou la roupie indienne se déprécient face à l'euro, votre performance en souffre — même si le marché local monte.

Exemple concret : en 2024, le peso mexicain a perdu 15% face au dollar après les élections. Ce type de mouvement peut effacer des mois de gains boursiers d'un coup.

3. Le risque de gouvernance

Standards comptables parfois opaques, corruption, interventions étatiques imprévisibles... Les marchés émergents ne jouent pas toujours avec les mêmes règles que les marchés développés. L'affaire Evergrande en Chine ou les tentations de nationalisation au Mexique rappellent que le droit de propriété n'est pas toujours aussi solide qu'en Europe.

4. La dépendance aux matières premières

Beaucoup de pays émergents (Brésil, pays du Golfe, Afrique du Sud) dépendent fortement des prix des commodities. Un baril de pétrole à 60$ au lieu de 80$ peut transformer un budget national excédentaire en déficit — et entraîner une correction boursière en cascade.

💡 Comment investir concrètement depuis la France ?

Bonne nouvelle : l'accès aux marchés émergents n'a jamais été aussi simple pour un épargnant français.

Via l'assurance-vie 🏦 (le plus courant)

La plupart des contrats d'assurance-vie proposent des unités de compte (UC) émergentes :

  • Amundi MSCI Emerging Markets ETF — frais ~0,20%, large diversification sur 24 pays
  • Carmignac Emergents — gestion active, portefeuille plus concentré sur les convictions du gérant
  • Comgest Growth Emerging Markets — approche qualité/croissance, moins volatile

Via un PEA (oui, c'est possible !)

Peu de gens le savent, mais il existe des ETF éligibles PEA qui répliquent les indices émergents grâce à la réplication synthétique :

  • Amundi PEA MSCI Emerging Markets ESG Leaders (FR0013412020)
C'est fiscalement très avantageux après 5 ans de détention : vos plus-values ne sont soumises qu'aux prélèvements sociaux de 17,2%, au lieu des 30% de la flat tax.

Via un CTO pour plus de choix

Un compte-titres ordinaire donne accès à des ETF plus ciblés pour ceux qui veulent jouer des convictions géographiques :

  • iShares MSCI India pour parier sur la croissance indienne
  • Xtrackers MSCI China pour un pari contrarian sur la Chine
  • VanEck Vietnam pour les plus aventuriers

📐 Quelle allocation pour votre portefeuille ?

La règle d'or : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Voici des repères selon votre profil :

  • Profil prudent : 5% en émergents (diversification minimale, déjà utile)
  • Profil équilibré : 10% en émergents (bon compromis rendement/risque)
  • Profil dynamique : 15-20% en émergents (conviction long terme assumée)
L'important est d'investir progressivement via un investissement programmé (DCA) plutôt que tout d'un coup. Les émergents sont volatils : mieux vaut lisser son point d'entrée sur 6 à 12 mois pour éviter le piège du mauvais timing.

✅ 3 actions concrètes pour passer à l'acte

1. Faites un audit de votre portefeuille : quelle est votre exposition actuelle aux émergents ? Si c'est 0%, il est temps d'en ajouter une dose. Vérifiez vos UC en assurance-vie et vos ETF en PEA — vous pourriez déjà en avoir sans le savoir via un fonds diversifié mondial.

2. Privilégiez la diversification large : ne misez pas tout sur la Chine ou tout sur l'Inde. Un ETF type MSCI Emerging Markets vous donne une exposition à 24 pays d'un coup. C'est le choix le plus simple et le plus robuste pour commencer.

3. Adoptez un horizon long — 5 ans minimum : les marchés émergents sont des investissements cycliques. Vous aurez des trimestres à -15%. C'est normal, c'est le prix à payer pour capter la croissance. L'investissement programmé mensuel est votre meilleur allié pour ne pas paniquer et profiter mécaniquement des baisses.

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Les marchés émergents ne sont pas une mode passagère — ils sont l'économie de demain. La question n'est pas de savoir si vous devez y investir, mais combien et comment. Et en 2025, avec des valorisations au plancher et des catalyseurs structurels en place, le timing pourrait bien jouer en votre faveur. 💹

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