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🐉 Chine et Asie émergente : le grand retour en 2025 ?

Après des années de défiance, les marchés chinois et asiatiques affichent des performances spectaculaires. Faut-il y revenir ?

Maxime Gfeller

Analyse automatisée par l'IA byzance

À retenir

  • 📈 Le MSCI China progresse de plus de 25 % depuis janvier 2025, porté par le choc DeepSeek et le rebond de la tech chinoise
  • 🌏 L'Asie émergente creuse l'écart avec les marchés développés : croissance du PIB de 3,9 % attendue en zone émergente contre 1,6 % dans les pays développés
  • ⚠️ Les risques restent réels : guerre commerciale (tarifs US à 145 %), crise immobilière persistante et sorties de capitaux record
  • 💡 La stratégie gagnante : sélectivité sur la tech et l'IA chinoise, diversification vers l'Inde et l'ASEAN
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La Chine fait son come-back — et ça surprend tout le monde 🐲

Si vous aviez abandonné la Chine dans votre portefeuille fin 2024, vous n'étiez pas seul. Après trois ans de contre-performance, de crise immobilière et de tensions géopolitiques, beaucoup d'investisseurs avaient tout simplement tiré un trait sur le marché chinois.

Et pourtant. Depuis le début de l'année 2025, le Hang Seng a bondi d'environ 28 %, le MSCI China affiche plus de 25 % de hausse, et les valeurs technologiques chinoises connaissent un rallye que peu avaient anticipé.

Que s'est-il passé ? Un nom : DeepSeek.

Le choc DeepSeek : quand la Chine renverse la table de l'IA

Le 27 janvier 2025, une startup chinoise encore inconnue a publié un modèle d'intelligence artificielle rivalisant avec ChatGPT — pour un centième du coût de développement (5,6 millions de dollars contre des centaines de millions). L'onde de choc a été immédiate : Nvidia a perdu 589 milliards de dollars de capitalisation en une seule séance, le Nasdaq a reculé de 3,1 %.

Mais l'effet inverse s'est produit en Asie. Les investisseurs ont soudainement réalisé que la Chine n'était pas « à la traîne » dans la course à l'IA — elle était en train de la redéfinir. Résultat :

  • Alibaba : +75 % depuis le début de l'année, après l'annonce d'un plan de 53 milliards de dollars d'investissement dans l'IA sur 3 ans
  • Baidu : +60 %, repositionné comme acteur majeur de l'IA générative
  • BYD et Midea : intégration des modèles DeepSeek directement dans leurs produits industriels
Attention toutefois : si l'on retire les valeurs liées à l'IA, le MSCI China ne progresse que de 4 %. Ce rallye est très concentré, et c'est un point de vigilance important.

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Les fondamentaux chinois : solides mais fragiles 📊

Derrière l'euphorie boursière, l'économie réelle chinoise envoie des signaux contrastés.

Ce qui va bien

  • PIB en croissance de 5,4 % au T1 2025, en ligne avec l'objectif de Pékin
  • Exportations en hausse de 7,2 % sur le premier semestre — et un excédent commercial record de 586 milliards de dollars sur 6 mois
  • Le PMI manufacturier Caixin est repassé en zone d'expansion à 50,4 en juin, après un passage à vide en mai
  • La production industrielle progresse de 5,9 %, tirée par les équipements et le high-tech (+9 %)

Ce qui inquiète

  • L'immobilier reste en chute libre : investissement en recul de près de 15 %, cinquième année consécutive de contraction. Evergrande a été radié de la cote de Hong Kong, Country Garden a divisé par deux ses livraisons, et même Vanke, pourtant soutenu par l'État, affiche une perte record de 49,5 milliards de yuans
  • Les sorties nettes de capitaux ont atteint 168 milliards de dollars en 2024 — un record absolu depuis que les données existent (1990)
  • La démographie pèse : la population chinoise a diminué pour la troisième année consécutive, avec 22 % de la population ayant plus de 60 ans. Le FMI estime que ce déclin démographique retire 0,5 à 0,7 point de PIB par an
La Chine reste donc un marché à deux vitesses : une « nouvelle économie » (tech, IA, véhicules électriques) qui tourne à plein régime, et une « ancienne économie » (immobilier, construction, consommation domestique) qui peine à redémarrer.

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La guerre commerciale : l'éléphant dans la pièce 🇺🇸🇨🇳

Impossible de parler de la Chine sans évoquer les tarifs douaniers de l'administration Trump. Depuis son retour à la Maison-Blanche, les droits de douane sur les produits chinois ont été relevés de 145 points de pourcentage, et Pékin a riposté avec des tarifs de 125 % sur les importations américaines.

BlackRock estime que ces tarifs, qui couvrent 70 % des exportations chinoises vers les États-Unis, représentent un frein d'environ 2 % du PIB.

Mais la Chine a une parade : la réorientation commerciale. Ses exportations vers les États-Unis ont certes chuté de 10,7 %, mais celles vers l'ASEAN ont bondi de 13 % et celles vers l'Afrique de 21,4 %. Résultat : malgré la guerre commerciale, l'excédent commercial chinois est au plus haut historique.

Pour l'épargnant français, cela signifie que le risque géopolitique est réel mais partiellement « pricé » (intégré dans les cours). La question n'est plus « est-ce que les tarifs vont faire mal ? » mais « est-ce que le marché ne les a pas déjà trop anticipés ? »

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Au-delà de la Chine : l'Inde et l'ASEAN comme relais de croissance 🌏

Le débat Inde vs Chine

C'est LA question que se posent tous les gérants émergents en ce moment. D'un côté, la Chine affiche des valorisations attractives : le MSCI China se négocie à environ 11 fois les bénéfices, contre 21 fois pour l'Inde. De l'autre, l'Inde offre une croissance structurelle plus prévisible (PIB attendu à +6,6 % en 2025 selon Amundi) et des réformes d'infrastructure massives.

La bonne nouvelle ? Il ne faut pas choisir. La corrélation entre les deux marchés est en baisse, ce qui signifie qu'un portefeuille combinant les deux offre un excellent potentiel de diversification. Franklin Templeton, Amundi et BlackRock recommandent tous une exposition équilibrée aux deux marchés.

L'ASEAN : le grand bénéficiaire du « China+1 » 🏭

La stratégie « China+1 » — diversifier ses chaînes d'approvisionnement hors de Chine — profite massivement à l'Asie du Sud-Est :

  • Vietnam : 16 milliards de dollars d'investissements manufacturiers directs, émergence comme hub de semi-conducteurs (packaging et test)
  • Indonésie : 33 milliards de dollars d'IDE manufacturier, positionnement stratégique sur la chaîne de valeur des véhicules électriques grâce à ses réserves de nickel
  • Thaïlande : déjà 21 % de part de marché pour les véhicules électriques dans les nouvelles immatriculations
Le marché des semi-conducteurs en ASEAN devrait passer de 96 milliards de dollars en 2024 à 247 milliards en 2034, soit un taux de croissance annuel de près de 10 %. C'est un mouvement de fond, pas une mode passagère.

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Ce que disent les grandes maisons de gestion 💼

Le consensus des gérants d'actifs a sensiblement évolué sur les émergents asiatiques :

  • Amundi (plus grand gestionnaire d'actifs européen) : surpondère l'Asie émergente, avec l'Inde et l'Indonésie comme « meilleurs choix long terme », les plus isolés des tarifs douaniers
  • BlackRock : reste surpondéré sur les émergents, favorise les leaders de la « nouvelle économie » chinoise (IA, automatisation, renouvelables) mais insiste sur la sélectivité
  • J.P. Morgan AM : note le doublement du poids de l'Inde dans son indice obligataire émergent (de 4 % à 10 %), un signal fort
  • Goldman Sachs : estime que le marché haussier de la tech chinoise n'est pas terminé
Le message commun : la Chine est redevenue « investissable », mais il ne faut pas y aller les yeux fermés. La sélection sectorielle est cruciale.

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Concrètement, que faire ? 3 actions pour l'épargnant français 🎯

1. Réintroduire une poche « Asie émergente » de 5 à 15 % dans votre allocation

Si vous aviez complètement sorti l'Asie de votre portefeuille, c'est le moment de reconsidérer. Un ETF MSCI Emerging Markets Asia ou un fonds spécialisé permet de capter la croissance de la zone sans parier sur un seul pays. Attention à vérifier les frais : privilégiez les supports accessibles via votre assurance-vie ou PEA.

2. Privilégier la tech et l'IA chinoise, éviter l'immobilier

Le rallye chinois est un rallye sectoriel, pas un rallye de marché. Les valeurs liées à l'IA et à la transition énergétique (BYD, Alibaba, Tencent) ont des fondamentaux solides. L'immobilier et la consommation domestique restent des trappes à valeur. Des ETF ciblés comme le MSCI China Tech permettent cette exposition sélective.

3. Diversifier au sein même de l'Asie

Ne mettez pas tous vos œufs dans le panier chinois. L'Inde (infrastructure, digitalisation), le Vietnam (semi-conducteurs, manufacturing) et l'Indonésie (matières premières, véhicules électriques) offrent des profils de croissance complémentaires. Un fonds « Asie hors Japon » bien géré vous donnera cette diversification naturellement.

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Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les marchés émergents présentent des risques spécifiques (change, liquidité, gouvernance) qui doivent être évalués au regard de votre profil d'investisseur.

Maxime Gfeller — Directeur général, byzance ai

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